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 Dayak
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Queen Soraya, chapitre 4 : le départ en voiturePosté le 29-12-2009, à 16:16  
1er Octobre, à l'aube.
Une douce lumière commençait à peine à éclairer les montagnes autour de Kaboul lorsque Shah Muhammad, l'ami libraire de Vanni, apparut dans une berline tellement déglinguée et rafistolée qu'en deviner la marque eût relevé de la gageure. Mais pour Vanni, c'était le plus beau véhicule au monde, celui qui allait lui permettre de ramener Soraya chez lui.
"Je dois me rendre à Peshawar le 1er octobre", avait négligemment lancé Shah Muhammad entre deux tasses de thé vert, quelques jours plus tôt. "Pourquoi est-ce que vous ne viendriez pas tous les deux, Queen Soraya et toi ?" Vanni ne lui avait pas demandé ce qu'il allait faire à Pehawar. Peut-être y avait-il réellement un engagement, peut-être l'avait-il inventé de toute pièce pour rendre service à son ami américain. Sans compter Queen Soraya, qui comme son illustre homonyme semblait avoir le don de faire fondre le cœur des hommes.
Pour l'heure, après les précipices abyssaux des gorges de Kaboul, la voiture redescendait les grandes plaines en direction de Jalalabad. La route était particulièrement mauvaise mais la nature plate du terrain poussa le chauffeur à accélérer afin de regagner le plus de temps possible. Vanni pense confusément qu'enfoncer l'accélérateur sur un axe abîmé par le passage d'une génération entière de tanks relève de la folie pure; mais il est trop occupée à se stabiliser dans le tremblement de terre permanent qu'est devenue la voiture pour émettre la moindre protestation.
C'est la voix de Shah Muhammad qui le ramène à la réalité.
"Vanni, il y a du sang. Elle est en train de se blesser. Il faut que tu la sortes de la cage."


Détruire cette cage ! Même si je devais y laisser mes quenottes et mes griffes, j'allais y arriver ! J'avais trop peur de ces secousses terribles, j'étais sûre que la Chenille était à notre poursuite, elle était revenue et elle allait nous écraser !
Et Papa Vanni qui n'entendait rien , ne voyait rien !
J'avais essayé d'être raisonnable, je l'avais laissé m'enfourner là-dedans sans rien dire parce que j'avais bien compris à son regard qu'il était désolé de me faire vivre cela ! Je savais qu'il s'en voulait et ça me rendait malade de le décevoir, mais la Chenille était là et je ne voulais pas mourir écrabouillée !
Je ne me sentais plus le crâne à force de me cogner contre ces barreaux et j'avais les pattes avant en sang, ça coupait comme le grand couteau de Mouloud quand il tranchait les têtes des sardines ! Je secouais la cage de toutes mes forces, griffes en avant . La rage m'étouffait …
Et Papa Vanni qui n'entendait rien, ne voyait rien !
Faut dire que malgré tous mes efforts pour attirer son attention, j'étais toujours muette comme une carpe ! Ça me faisait tellement mal, toutes ces écorchures. Je n'avais plus qu'une idée en tête : détruire cette maudite cage et m'enfuir ! Loin !
Tout à coup , un énorme cri sort de ma gorge: "MIAOUUU!" J'en ai moi même les oreilles qui résonnent.
Enfin, Il m' entend !
Enfin, Il me sort de là !
Enfin , Il jette la cage par la fenêtre !

Pas de Chenille en vue, on roulait moins vite et le bruit avait cessé. Avec des gestes tout doux, Papa Vanni a nettoyé mes pattes avec de l'eau fraîche et j'ai eu le droit de me déplacer dans la voiture. Je m'en suis donnée à cœur joie, la banquette arrière, les genoux, le tableau de bord, je ne tenais pas en place, un vrai petit diable en boîte !
On a fini par s'arrêter. Papa Vanni a dit au revoir à son ami, on a changé de voiture et on est repartis. Sur les genoux de papa, je regardais le coucher du soleil. Je me sentais toute bizarre, comme si cette lumière me ramenait au marché de Kaboul. Je pensais à Toutou et à sa bonne tête de chien, je revoyais mes copines Maluka et Tsara, nos jeux dans la poussière après les bombardements. Je me suis roulée en boule sur les genoux de Vanni, j'avais besoin de sentir sa chaleur. Je me sentais vraiment toute bizarre.

Un léger picotement sur ma patte arrière ? J'avais dû m'endormir sur les genoux de Papa Vanni, j'avais manqué la fin du voyage en voiture. On était dans une chambre, Papa nettoyait ma patte, «Mi a ou , Mi a ou !» Je ne m'en lassais pas : «Mi a ou !»   Vanni riait, il m'a serrée très fort dans ses bras et a dit : «Parle encore, ma Reine, parle, ma Queeny, j'ai eu si peur !»
Et moi donc !


A suivre...

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 Bouboulys
 289 messages

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Posté le 29-12-2009, à 20:25  
Pauvre petite Queenie ! Ça me rappelle Bianca quand elle était
petite : en voiture, elle sautait et se jetait contre les parois de son
panier et avait fini par réussir à l'ouvrir !!
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 pattes de velour
 1411 messages

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Posté le 29-12-2009, à 21:04  
Ce que j'aime le plus de votre histoire, c'est qu'elle se passe dans un milieu tellement différent d'ici, mais qui est tellement d'actualité!!Et vous avez créé une histoire originale qui nous fait voir plus loin que le bout de notre nez,avec la tendresse entre un papa chat et sa petite Queenie au milieu de l'exotisme de l'ancienne Perse,défigurée par la guerre.
Bravo!!

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